La consommation émotionnelle de l’objet d’Art

La consommation émotionnelle de l’objet d’Art

Lorsque l’on est en contact direct avec un objet d’Art, nous employons le terme de « perception ». Nous percevons l’objet d’Art grâce à nos cinq sens (perception visuelle, auditive, olfactive, tactile et gustative).  Lorsque l’on perd ce contact direct, on ne parle plus de perception mais d’imagination.

Nous distinguons alors deux types d’imagination, l’imagination reproductive et l’imagination créative. L’imagination reproductive fait référence à l’évocation des perceptions antérieures vécues tandis que l’imagination créative est la faculté de former des images ou des discours que l’on n’a pas perçus et de faire des combinaisons nouvelles. Ces deux types d’imagination n’ont pas le même rapport au temps. L’imagination reproductive est d’autant plus précise que le dernier moment de contact avec l’objet d’Art est proche. Cette perception « concrète » de l’objet d’Art s’estompe si on prend de la distance ou si celui-ci disparaît.

Lorsqu’un objet d’Art engendre l’imagination créative, il prend une nouvelle dimension, qui peut être complètement différente d’un individu à un autre. Il va rester présent même si l’on s’en sépare. On va, par exemple, associer l’objet d’Art à un élément extérieur, comme une période, un moment ou une rencontre. C’est une sorte de « personnalisation mentale ». Elle est souvent le fruit du vécu de chacun. 

La perception et l’imagination sont des processus clefs, indissociables, de la condition de vie d’un objet d’Art. Ils permettent d’établir une liaison pérenne entre l’homme et l’objet. Nous ne pouvons donc dissocier l’objet d’Art de la représentation qui l’accompagne. C’est une association entre un objet d’Art, élément « objectif » et une représentation. Cette dernière est l’ensemble des images et des mots, déclenchés par la perception d’un objet d’Art ou son évocation. Cette caractérisation s’applique à tous les objets, mais dans le cas d’un objet d’Art, la richesse de la représentation va être plus importante.

Fort de ce constat, il est essentiel pour le métier de marchand d’Art de travailler dans une logique de d’ « enchantement durable ». C’est cela qui rend ce métier aussi beau et aussi essentiel. Nous ne tendrons vers cet enchantement « éternel » qu’en favorisant le savoir et l’éveil des sens de chacun. Nous devons apprendre et partager à tous les niveaux : culture des matériaux, histoire de l’objet, histoire de l’artiste, savoir-faire, etc. Nous devons encourager la « consommation émotionnelle » et non spéculative de l’objet d’Art. Généralement quand on a la chance d’avoir découvert ou rencontré une œuvre qui nous procure un sentiment de plénitude, sa valeur devient secondaire. La valeur monétaire d’une œuvre est importante mais certainement pas essentielle. 



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