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Statuette Chontal, Etat du Guerrero, Mexique Période Préclassique, 300-100 av. J.-C

Utilisé

Statuette Chontal, Etat du Guerrero, Mexique Période Préclassique, 300-100 av. J.-C

 

Statuette en diorite gris-vert à surface patinée mate. Grand personnage aux bras ajourés, les mains ramenées sur le ventre. Petite encoche verticale pour séparer les jambes ; tête au contour ovale, les traits du visage soulignés en léger relief. Sommet du crâne rond finement poli. Très bon état. 

 

Hauteur: 19 cm

Largeur: 8 cm

Profondeur: 5 cm

  

Authenticité garantie / Pièce expertisée

 

En 2011, une expertise a été mené par Monsieur Jacques Blazy confirmant l'authenticité de cette pièce. Il est le spécialiste incontesté de la statuaire du Guerrero: Mezcala et Chontal. Il fait mondialement autorité dans ce domaine spécifique. C'est la meilleure garantie pour une pièce de type. En 2016, une seconde expertise effectuée par Madame Bénédicte Hamard est à noter. Elle a été faite sans connaissance de la première et confirme aussi, bien entendu l'authenticité de cette pièce. 

 

Monsieur Jacques Blazy

Mezcala Expertises

259, boulevard Raspail 75014 Paris

Tél 33 (0)1 43 35 28 05

  

Provenance / référencement

 

Binoche et Giquello S.V.V

Vente le mercredi 16 avril 2008 à 14 h 30

ART PRÉCOLOMBIEN

Lot 153

Catalogue,  Art précolombien | Statuette Chontal et Mezcala | Binoche et Giquello | 16 Avril 2008

La maison de vente Binoche et Giquello fait référence en Europe pour les ventes d'objets archéologiques provenant d'Amérique du Sud. On peut citer, à titre d'exemple, l'organisation de la vente de la prestigieuse collection d'Art du Guerrero de H LAW (21 Mars 2011, Expert: Mezcala expertises - Jacques Blazy)

 

Binoche et Giquello

5, rue la Boétie - 75008 Paris

Tel. +33 (0)1 47 42 78 01

www.binocheetgiquello.com

E-mail : jcbinoche@wanadoo.fr

 

L'état du Guerrero

 

Le  Guerrero est un état du Mexique. Il  s’étend  de la ville de Taxco au nord, jusqu’à la célèbre  baie d’Acapulco  sur le  Pacifique au Sud. Il est encadré par les  Etats de  Michoacán, à l’ouest,  et  l’Oaxaca, à l’est. C'est un État montagneux traversé par la Sierra Madre del Sur. Plusieurs sommets dépassent 3 000 m d'altitude, comme le Cerro Teoptepec qui culmine à 3 705 m. Le climat est tropical.

 

Carte de la région du Guerrero où les statuettes Chontal et Mezcala ont été découverte

 

Les sculptures Chontal et Mezcala ont été découvertes au cœur du Guerrero, le long du rio Balsas, sur une vingtaine de km². Cette zone est  encore aujourd'hui difficile d'accès. La région est entrecoupée de ravins et de canyons.

  

La statuaire Chontal et Mezcala

 

Statuette Chontal, Mezcala, Etat du Guerrero, Mexique Période Préclassique, 300-100 av. J.-C

 

Les statuettes de l’état du Guerrero sont les témoignages d’une Amérique préhistorique qu’il reste encore à découvrir.

La plupart des objets Mezcala et Chontal sont dérivés de galets plus ou moins gros. Ils sont sculptés à partir de pierres dures de couleurs: verte, gris-vert, gris et noir (diorite, jade, etc.).  Ils proviennent du lit des canyons très profond de la région. Ils sont modelés avec des entailles horizontales, diagonales, verticales, des perçages ou des martellements. On trouve différents types de représentation : des personnages, des animaux (jaguar, grenouille, singe ou encore écureuil) ou des façades de temples à colonnes. La production lithique Mexcala et Chontal est estimée à environ 20 000 pièces. Il existe peu d’ouvrages sur le sujet. Le travail de Carlo Gay, basé sur une analyse stylistique fait toujours référence sur le sujet. Il a mis au point une classification des sculptures Mezcala et Chontal. Elles sont classées selon leurs formes de la référence M 2 (la plus simple) à M 26 (la plus complexe). Ici il s’agirait du type M 14 selon Bénédicte Hamard. Selon Carlo Gay, la culture Chontal se distingue de la culture Mezcala et  Guerrero par son plus grand réalisme. Les  objets  de  facture  abstraite seraient plus anciens mais cela reste une hypothèse, les travaux de Carlo Gay restant très controversés.

Le style dépouillé de cette statuaire si particulière est souvent qualifiée dans l’occident de résolument esthétique et moderne. Elle a, au même titre que la statuaire cycladique, inspiré les premiers artistes cubistes et abstrait. Cependant limiter ces sculptures à leur simple aspect esthétique serait se méprendre sur les cultures préhistoriques et en particulier les cultures préhistoriques Américaines. Ils ne cherchaient pas à faire un objet d’art au sens moderne du terme mais à créer un objet que nous qualifierions aujourd’hui de "magique". La dureté des roches utilisées nous permet d’affirmer que le temps imparti au rituel de formation et de polissage des surfaces de ces statuettes était extrêmement long.

Il est possible que l’origine sacrée de ces statuettes vienne de la vénération de la hache, objet essentiel pour l’homme primitif. On peut penser qu’une extension de sa dimension magique première lui était conférée en la modelant et en lui donnant une forme anthropomorphe. Elles devaient avoir un rôle dans le passage dans l’au-delà ou dans la vie d’après.

Des fouilles archéologiques ont montré que plus de 1200 ans plus tard les Aztèques ont excavé certaines de ces statuettes et les traitaient comme des objets sacrés.

 

Une époque de "sacralité universelle"

 

Pour appréhender l’essence de la statuaire préhistorique, il est indispensable d’essayer de se projeter dans un monde de « sacralité universelle ». Aujourd’hui, pour nos civilisations qualifiées de moderne, il ne reste presque plus d’éléments terrestres associés au sacré, à l’exception de quelques monuments ou objets. Le nombre d’éléments sacrés a diminué drastiquement au fil du temps. Dans un certain sens, le monde dit évolué subit une sorte de « désacralisation progressive ». Son origine, la « désacralisation première », le jour où un homme a enlevé un élément au Tout sacré, reste inconnue. C’est un chainon manquant essentiel de l’histoire de l’humanité qu’il conviendrait d’étudier attentivement. On a du mal à s’expliquer sa genèse, l’essence du sacré ne présentant pas à priori de contradiction avec la science ou le progrès. On peut cependant supposer qu’il y a eu un monde de « sacralité universelle » auquel a succédé un monde de « sacralité partielle ». La statuaire préhistorique nous invite à nous intéresser et nous questionner sur ce monde « d’avant » si diamétralement opposé à celui de nos civilisations dites évoluées. La « sacralité universelle » régit toutes les cultures primitives dont celles de l’Amérique préhistorique.

Même si cette notion est difficile à appréhender, elle est essentielle. A l’époque de l’élaboration de ces sculptures tout est sacré : les animaux, les plantes, les outils, les poteries, les constructions. Il n’y a aucune distinction entre le matériel et le spirituel. C’est un temps où le monde était un Tout, sacré, multiple et unique. Tout est lié par des « fils sacrés » que l’on rompt ou que l’on consolide en recherchant et demandant l’harmonie universelle au tout. Le sacré reste immuable, seules les règles le régissant évoluent. Cette assertion est confirmé par la partie concernant le premier âge de la préhistoire Maya racontée dans le popol vuh. Tout au long du récit, les Dieux changent, les règles sociales évoluent, les techniques se transforment mais tout reste sacré.

Si nous avions la chance de pouvoir contempler une de ces statuettes avec les yeux d’un indien Chontal nous prendrions conscience que ce n’est pas une statuette mais l’âme même, dans son entièreté, de ce monde disparu.  

Au bout du compte, c’est certainement au travers de l’intensité émotionnelle instinctive que l’on perçoit au contact de ces statuettes que nous pouvons prendre réellement conscience de cette extraordinaire dimension. C’est une invitation à retrouver la dimension « magique » de notre existence. Cet état dans lequel tous nos ancêtres à un moment ou à un autre ont vécu. La « sacralité universelle » est l’essence de l’homme original.

 

Il est intéressant de remarquer qu’il existe aucune barrière qui interdirait que les règles établies par la science moderne soient, en fait, les règles universelles de ces « fils sacrés » régissant le fonctionnement de ce monde ancestral. La redécouverte du sacré qui nous permettra de vivre en harmonie avec le Tout est l’enjeu majeur des décennies à venir. 

 

Carlo Gay

 

Carlo gay travaillait en tant qu’ingénieur et géologue pour l’entreprise Schlumberger. Schlumberger Limited est une entreprise multinationale de services et équipements pétroliers. Dans les années 1950, il est envoyé en prospection dans l’état du Guerrero au Mexique. Lors d’explorations dans la région Sierra Madre del Sur, Carlo Gay découvre une série de statuettes hautes de dix à vingt centimètres. C’est le début d’une grande passion qui l’emmènera à écrire les deux livres qui font toujours références :

 

Chontal - Ancient Stone Sculpture from Guerrero Mexico

Gay, Carlo & Robin

Edité par Balsas Publications, Geneva, Swirzerland, 2001

 

Mezcala-Ancient Stone Sculpture from Guerrero Mexico

Gay, Carlo & Robin

Edité par Balsas Publications, Geneva, Swirzerland, 2001

 

Le livre Chontal - Ancient Stone Sculpture from Guerrero Mexico sera fourni avec la statuette lors de la vente.









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Statuette Chontal, Etat du Guerrero, Mexique Période Préclassique, 300-100 av. J.-C

Statuette Chontal, Etat du Guerrero, Mexique Période Préclassique, 300-100 av. J.-C

Diorite gris-vert à surface patinée mate. Grand personnage aux bras ajourés, les mains ramenées sur le ventre. Petite encoche verticale pour séparer les jambes ; tête au contour ovale, les traits du visage soulignés en léger relief. Sommet du crâne rond finement poli. Très bon état. Hauteur: 19 cm






























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